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Le Bouddhisme et Dieu

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Parler du bouddhisme et de Dieu revient au fond à se demander si le bouddhisme est une religion  ou seulement une philosophie, voire une simple approche psychologique en vue de mieux gérer des états mentaux insatisfaisants.

Le mot Dieu est un mot qui appelle toutes sortes d’associations et de réactions. l’Inconditionné est sans aucun doute un mot plus « bouddhiste ».

Le bouddhisme est avant tout une voie d’expérience. Il y a forcément différentes perspectives selon l’expérience de chacune.

Dans son ouvrage « La Vie Quotidienne comme Pratique Spirituelle« , Tenzin Palmo écrit :

« Pourquoi voulons-nous être sages et compatissants? Si c’est seulement parce que nous avons envie de l’être, alors nous faisons fausse route, parce que le «je» ne peut atteindre la sagesse et la compassion. La sagesse et la compassion ne peuvent se révéler que lorsque le « je » a disparu. Quand nous atteignons cet état, nous pouvons être au service des autres. Jusque-là, c’est un aveugle qui conduit des paralytiques.

Toutes les religions véritables cherchent à atteindre l’accès à ce niveau de conscience non limité par l’ego. Dans le bouddhisme, nous l’appelons «l’inconditionné», «le non-né», «la non-mort». Vous pouvez l’appeler comme vous voulez. Vous pouvez l’appeler atman. Vous pouvez l’appeler anatman. Vous pouvez l’appeler «Dieu». Il y a un niveau subtil de conscience qui est le noyau de notre être et qui est au-delà de notre esprit ordinaire plein de conditionnements. Nous pouvons tous le ressentir. Il y a des gens qui le ressentent à travers le service, d’autres à travers la dévotion. Il y en a même qui croient pouvoir le ressentir dans l’analyse et la discipline intellectuelle. Les bouddhistes essaient en général d’y accéder par la méditation. C’est ce que nous faisons. Franchir les barrières pour atteindre l’inconditionné, afin d’aider les autres à l’atteindre également. « 

Nous présentons quatre éclairages, le premier d’Anne Michel, de la tradition Théravada, enseignante que nous célébrons également dans ce numéro, traite de la notion de Dieu dans le bouddhisme

Le second est un texte de Joan Sutherland Roshi qui traite précisément de la question : Le bouddhisme est-il une religion ?

Le troisième est un texte écrit par Ruth Fuller Sasaki pour décrire dans la tradition du zen japonais les différentes étapes menant à l’Eveil ultime, ce texte a été écrit pour traiter la même question : le bouddhisme est-il une religion ?

Enfin le témoignage de Davina Gelek Drolbar sur ce qu’est pour elle « Dieu ».

En conclusion, cette phrase d’Ayya Khema dans son livre sur « La méditation » :
«Si nous arrivons à rester concentrés assez longtemps et si nous trouvons la porte vers l’intérieur, alors s’étend devant nous un chemin vers un nouveau niveau de conscience, accessible à tout le monde. Les mystiques de tout temps et de toute religion ont décrit et enseigné cela. On peut l’apprendre en s’entraînant.»

C’est ce que Mae Chee Kaew nous invite à faire :
« Nous naissons et nous mourons encore et encore. Le cycle de la naissance, du vieillissement et de la mort continue. En tant que descendants du Seigneur Bouddha, nous ne devons pas vivre nos vies uniquement pour pourrir et nous décomposer sans avoir rien trouvé d’authentique en nous-mêmes. Quand la mort vient, mourez proprement, mourez avec pureté. Mourez en abandonnant le corps et l’esprit, en les déposant sans attaches. Mourez en étant en contact avec la vraie nature des choses. Mourez sur les traces du Seigneur Bouddha. Mourez ainsi et allez au delà de la mort. »

Enfin, cette parole du Bouddha dans Le Bouddhisme du Bouddha d’Alexandra David Neel :
« Il est, ô disciples, un non-né, non-produit, non-créé, non-formé. S’il n’y avait pas, ô disciples, ce non-né, non-produit, non-créé, non-formé, il n’y aurait pas d’issue pour le né, le produit, le créé, le formé.
Mais puisque, ô disciples, il est un non-né, non-produit, non-créé, non-formé, à cause de cela, il est une issue pour le né, le produit, le créé, le formé. » Udâna, VIII