Une femme à la frontière du temps : Entretiens avec Joanna Macy

Une femme à la frontière du temps : Entretiens avec Joanna Macy

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Depuis plus de cinquante ans, Joanna Macy nous aide à faire face à l’urgence et à la profondeur de la crise qui touche la Terre, à la regarder sans la fuir et en s’y engageant. Ses voyages courageux ont été à la fois physiques et spirituels, la menant de Tchernobyl au Tibet, dans les enseignements bouddhistes anciens et dans la cosmologie contemporaine. Grâce à ses écrits et à son enseignement, elle a inspiré, soutenu et tissé des liens avec des militants du monde entier. Joana Macy a la sagesse et l’expérience d’une véritable aînée; en même temps, sa droiture, son œil pétillant et son enthousiasme pour la vie n’ont pas d’âge.

Le dernier livre de Joanna Macy, Active Hope: How to Face the Mess We’re in Without Going Crazy (Espoir actif: Comment faire face au gâchis dans lequel nous sommes sans en perdre la raison) vient d’être publié par New World Library (Mars 2012) et son site web, www.joannamacy.net, offre une multitude d’enseignements et de ressources. Cet article est adapté de plusieurs entretiens avec Joanna Macy, menée à l’automne 2011 par les éditeurs de Inquiring Mind (journal bouddhiste aujourd’hui disparu)

JOANNA MACY: J’ai fait une retraite de trois mois dans ma maison au début de cette année, du solstice d’hiver à l’équinoxe de printemps. Mon but principal était d’élargir ma vision du cadre temporel de ma vie et de développer un sens de connexion plus aigu avec notre passé et notre avenir — avec nos ancêtres et les générations qui viendront après nous.
Mon désir d’un contexte temporel plus large a grandi lors de mon engagement depuis les années 1970 avec des mouvements pour arrêter la production de l’énergie nucléaire et les armes nucléaires. J’étais stupéfaite de la quantité de contamination radioactive générée à chaque étape du cycle du combustible, et de la durée de temps durant laquelle cette contamination entraînerait des mutations, des cancers et la mort. Il s’agissait de millions d’années, affectant des dizaines de milliers de générations, le «feu empoisonné», comme nous en sommes venus à l’appeler, étend les conséquences de nos actions, de notre karma à l’échelle du temps géologique.

Cette prise de conscience, si sombre qu’elle soit, a en fait apporté deux cadeaux. L’un a été un projet d’étude et d’action appelé Nuclear Guardianship (Tutelle Nucléaire), travaillant pour la fermeture de tous les réacteurs et pour une surveillance continue des restes radioactifs. L’autre cadeau est Deep Time (Le Temps Profond), une autre façon d’appréhender le temps embrassant tout ce qui nous précède et tout ce qui vient après nous. La vision ainsi offerte est merveilleuse et nécessaire parce que le passé et, en particulier, les générations futures ne sont ni visibles ni prises en compte par notre économie politique actuelle.

Inquiring Mind: Voulez-vous dire que notre économie actuelle rétrécit notre expérience du temps?

perte du temps

JM: Oui. Le temps devient une denrée de plus en plus rare. Nos vies sont entraînées, sous pression et fragmentées par la précipitation. Nous nous blâmons souvent de mal gérer le temps, mais la source du problème est dans la nature de la société industrielle en quête indéfinie de croissance. Pour être plus précis, c’est dans la technologie et les forces du marché. À la recherche de l’efficacité, nous développons des technologies pour augmenter la vitesse de chaque opération et des machines, et nous commençons à mesurer le temps en fragments de plus en plus minuscules — en nanosecondes et en fractions de nanosecondes. La pression induite par la vitesse affecte le corps, bien sûr, produisant de nombreuses formes de la «maladie de la hâte», et le sentiment que les choses sont hors de contrôle.

En plus de la technologie, les forces du marché oeuvrent constamment à l’accélération du temps. Avec la primauté donnée aux bénéfices des sociétés, les objectifs sont déterminés et les progrès mesurés en termes de rendement et de l’augmentation rapide des parts de marché. Les entreprises cherchent à montrer non seulement un plus grand profit chaque trimestre, mais aussi une augmentation du taux de croissance. Cela amène une pensée à extrêmement court terme. Il y a peu ou pas de place pour la réflexion ou pour peser les conséquences.

Dans mon enseignement, je trouve ce thème d’un grand intérêt pour les jeunes. Bien qu’ils jouissent de la communication instantanée grâce à l’accélération de gadgets électroniques, ils souffrent de ne pas avoir plus de temps pour terminer quelque chose, ou pour réfléchir à une chose avant qu’une autre n’arrive.

IM: Ainsi, avec cette accélération, souvent, nous ne considérons pas les effets de nos actions sur l’avenir ?

JM: Nous utilisons tout ce que nous pouvons — les forêts, les ressources de la mer, le pétrole, le charbon, sans aucune pensée à ce qui restera pour les générations futures. Ce que nous ne consommons pas, nous le contaminons ou nous le détruisons — les rivières, les océans, la terre végétale, sans parler des cultures. C’est étrange que nous en arrivions à faire cela, si l’on songe que, dans le passé, les gens travaillaient pendant des générations sur les cathédrales, sur les villes sacrées ou sur des systèmes d’irrigation qu’ils ne s’attendaient pas à voir achevés dans leur vie.

Pourtant, j’en suis venu à croire que ce comportement, aussi angoissant soit-il, ne vient pas du fait que nous sommes mauvais, mais parce que nous sommes pris dans une accélération du temps destructeur de l’esprit. Et je crois aussi que nous pouvons commencer à nous libérer de cela, et reconquérir notre droit de naissance à vivre en harmonie avec le monde naturel et d’une façon saine par rapport au passé et l’avenir.

Pour que ceci se produise, mes collègues et moi-même avons mis au point au cours des trente dernières années, des pratiques expérientielles dans des ateliers et des retraites. Nous commençons par le ralentissement de l’esprit sur le tempo du corps et de la respiration. Puis nous utilisons l’imagination pour nous aider à absorber ce que la science et les informations nous disent sur le monde. Nous écrivons et nous parlons du point de vue des êtres passés et futurs. On improvise des jeux de rôle, en particulier quant à l’avenir; par exemple, nous pouvons simuler la façon dont les gens des siècles futurs pourraient réagir et s’interroger sur les restes d’une centrale nucléaire. Cette utilisation de l’imagination morale peut apporter une connexion fortement ressentie avec les ancêtres et les êtres futurs, presque le sentiment de leur présence autour de nous comme une nuée de témoins.

Nous avons été élevé à penser que le temps est linéaire et unidirectionnel, une rue à sens unique. Le passé est fini, passé, fait, irrécupérable. Et l’avenir reste une abstraction; on n’y arrivera jamais. Nous sommes donc pris au piège dans le présent accéléré de la société industrielle de croissance, où la prise en compte du passé et de l’avenir devient de plus en plus hors de propos. Mais il y a des personnes, — principalement des poètes et des mystiques — qui ont une expérience plus vaste du temps dans lequel le présent contient le passé et l’avenir.

Donc, au cours de cette retraite personnelle, j’ai voulu m’ouvrir à la profondeur du temps sans être distraite. Et je voulais explorer quelle aide additionnelle je pouvais obtenir de la pensée et de la pratique du Dharma. J’ai combiné la méditation — Vipassana et une sadhana tibétaine — avec la lecture et la réflexion, et j’ai fait cette retraite à la maison afin de ne pas m’éloigner de mes enfants et de mes petits-enfants comme je le fais souvent quand je travaille et que je voyage.

IM: Et quelles ont été quelques-unes des découvertes de la retraite?

JM: Eh bien, en termes de Dharma, j’ai découvert les possibilités inhérentes à l’enseignement central du Bouddha, Paticca samuppada : la chaine de l’interdépendance des phénomènes. Cette doctrine de la causalité considère que tous les phénomènes sont interdépendants et mutuellement conditionnés. Comme d’autres à travers les âges, j’ai regardé ce que signifie cette interdépendance radicale pour l’écoulement du temps et pour l’interrelation du passé, du futur et du présent.
Dans le sutra de l’ornementation fleurie (Avatamsaka Sutra), nous voyons l’image étonnante du filet d’Indra, qui célèbre l’interdépendance de tous les phénomènes à travers l’espace et le temps. À chaque nœud du filet, un joyau aux multiples facettes reflète tous les autres noeuds et capte aussi leur reflet. Ainsi, chaque partie contient l’ensemble, qui est proche de la vue holographique de l’Univers que l’on trouve dans Karl Pribram et d’autres. Mais dans le filet d’Indra, ce point de vue est non seulement présenté en théorie telle qu’elle l’est par les scientifiques occidentaux, mais comme une réalité que vous pouvez vivre et expérimenter.

filet d'Indra
Pour ce faire, l’une des façons décrites consiste en les «Dix étapes» du Bodhisattva. Ces étapes comprennent la capacité à entrer à un moment du temps et à en sortir dans les trois aspects du temps : passé, présent et futur. Vous pouvez également entrer depuis ces trois aspects du temps et en sortir à un instant, ou entrer dans un organe et en sortir dans tous les corps partout. Je nous vois apprendre à faire cela sous la pression de la crise environnementale. Les personnes souffrant des effets des toxines industrielles sur leur propre corps ne s’arrêtent pas là, mais extrapolent les souffrances des autres et agissent au nom de l’humanité. Beaucoup de ces toxines, comme la dioxine et le plutonium ont une durée de vie quasiment infinie, donc en travaillant à restreindre et à contenir ces toxiques, nous entrons littéralement dans la vie des êtres futurs.
J’ai aussi trouvé des trésors chez le Maître Zen Eihei Dogen du treizième siècle au Japon. Dans son essai, « Etre Temps », il tourne notre rapport au temps vers l’intérieur et nous demande de faire l’expérience du temps non pas comme extérieur à nous, mais comme ce que nous sommes essentiellement. Cela nous permet, affirme-t-il, de coexister avec le passé, le présent et le futur, en particulier dans la pratique de zazen, où, par la concentration et l’intention, nous pouvons voir tout le Temps comme ici et maintenant. Lorsque nous sommes assis en zazen, que Dogen appelle le Mudra de Bouddha, nous sommes un avec toute l’existence et nous sommes là, ici, avec le Bouddha lui-même.
A la lumière de ces enseignements, j’ai médité avec la conscience d’être vivante en tant que femme nord-américaine blanche, vieillissante, à ce point particulier de notre histoire planétaire. Comme un levier dans le temps, j’ai demandé des façons de voir ce moment, y percevant le sens de ma vie et sa connexion aux êtres futurs.

IM: Comment l’expérience de ce cadre plus large de temps vous aide-t-elle maintenant dans le présent?

JM: Quand la peur et le désespoir surgissent en voyant l’état de notre monde, la perspective de cette profondeur du Temps m’aide à regarder plus loin sur la route et à continuer d’avancer. Il y a tant de gens qui nous ont précédés et qui viendront après, cela me donne un support de me sentir reliée à eux dans ce drame en cours. En éprouvant cela, je peux voir le travail de mes collègues et de moi-même comme donnant aux gens un appétit pour vivre sur notre planète en ce moment fatidique, et pour faire ce que nous pouvons pour que les êtres de l’avenir puissent jouer leur rôle aussi. Telle est ma motivation la plus élémentaire.
Parce que je pense tellement aux êtres futurs, il y a des moments où j’imagine que je les entends. Ils sont juste derrière mon épaule gauche et ils me disent de ne pas abandonner. Ils me disent que cela n’a pas d’importance que je ne sois pas un physicien nucléaire ou une climatologue avec l’expertise et la renommée. Ils me rappellent que ce qui importe est que je suis en vie maintenant, et ils ne le sont pas, et je peux parler pour eux.
J’ai aussi trouvé extrêmement gratifiant de pratiquer avec Jizo, le Bodhisattva céleste qui est représenté comme un petit moine bouddhiste au crâne rasé. Appelé dans certains pays Ksitigarbha, Jizo est vénéré dans le bouddhisme du sud Est asiatique. J’ai toujours été émue par la volonté de Jizo de descendre dans l’enfer le plus profond pour être avec ceux qui souffrent. Ce n’est pas nécessairement pour les sauver, mais simplement pour ne pas les abandonner ou les oublier.
Les Écritures racontent que le Bouddha se demanda, « Comment ceux qui vivront dans le futur dans des conditions difficiles seront-ils en mesure d’entendre le Dharma? » Alors Jizo fit une promesse: «Je veillerai à ce qu’ils entendent le Dharma et je ne deviendrais pas un Bouddha avant de tenir ce serment. » Au cours de ma retraite, Jizo est devenu pour moi une icône ou l’incarnation des êtres futurs. Je sentais cela si fortement que simplement de contempler la petite statue de lui sur mon autel et de le tenir sur mon cœur catalysait une chaude aspiration physique dans ma poitrine.
J’apprécie le soutien que je trouve dans ces enseignements du Mahayana — l’ornementation fleurie, les sutras de Dogen et Jizo — et je suis heureuse que ma pratique de vipassana m’ait permis de m’asseoir et de pratiquer avec ces enseignements.
En outre, je suis grandement aidé par les Amérindiens, en particulier les Haudenosaunee, aussi connus comme les Iroquois, qui, dans leurs conseils ne prennent aucune décision importante sans tenir compte de son effet sur la septième génération. Une conférence sur ce sujet d’un aîné Mohawk, Tom Porter, a été un autre texte que que j’ai lu au cours de ma retraite.
Alors que je me préparais à en sortir, Fukushima a explosé. C’était clair pour moi que cette catastrophe était pire que celle de Tchernobyl, et que la contamination radioactive vomie dans l’air, la mer et le sol aurait une incidence sur d’innombrables générations au Japon et dans le monde entier. Le lien vivant avec les êtres futurs ceux que je m’étais entrainée à sentir et à honorer a intensifié le découragement que j’ai ressenti, et en même temps, a fortifié ma détermination de ne pas abandonner.

IM: Votre mari, Fran Macy, votre compagnon depuis plus de 56 années, est mort il y a deux ans. A-t-il joué un rôle dans cette retraite?

JM: Dans les premiers jours de ralentissement et d’immobilité, ici dans la maison que nous avions bâtie, la mort de Fran m’a à nouveau submergé, avec un sentiment de perte indicible. Mais bientôt, toutes nos années de collaboration ont reflué, apportant le respect et la gratitude pour celui qui m’a aidé à me stabiliser. Au service commémoratif de Fran, dans mes paroles d’éloge, j’ai inclus une lettre qu’il avait écrite durant l’un de nos ateliers. C’était une lettre à lui-même écrite de la part d’un arrière, arrière, arrière, arrière-petit-enfant. Dans ma retraite, j’ai trouvé trois autres de ces lettres ; c’était étrange et merveilleux, alors que je les lisais et les relisais, pour m’ouvrir à la fois au passé avec Fran et à sa projection dans l’avenir.
Je pense à notre histoire humaine comme une chaîne. Nous sommes maintenant le maillon le plus fragile dans cette chaîne, le plus effrayé, le plus prêt à se rompre et à laisser tout s’écrouler. Alors, naturellement, tous ceux qui se trouvent dans le nuage de témoins veulent aider, être utiles, mais ils ne peuvent être une aide qu’à travers nous, en utilisant nos mains et à voyant à travers nos yeux.

IM: Pour conclure, pouvez-vous formuler la nouvelle vision ou la nouvelle compréhension qui a surgi pour vous à l’issue de cette retraite?

JM: Ce qui est nouveau, c’est peut-être une plus grande reconnaissance de l’intention. Dans le sutra de l’ornementation fleurie, le bodhisattva choisit d’entrer à un moment du temps et d’en sortir à tous les moments du temps. Elle peut le faire parce que cet univers holographique est construit sur la réciprocité. Ce n’est pas comme si nous obtenions soudainement la vision du filet d’Indra. C’est ce que nous choisissons d’y voir. Le filet d’Indra se révèle à nous quand nous osons le voir et le vivre. De même, Jizo choisit de faire son vœu, et son vœu à son tour le façonne, et l’ouvre à la perception de futurs. S’il y avait un « aha » de cette retraite, ce serait que nous soyions toutes et tous capables de choisir de faire un grand vœu.

IM: Une belle affirmation découlant de la pratique profonde du Dharma!

JM: Le Dharma m’enseigne que la réalité est trop grande pour être comprise par l’esprit d’une personne. Le Bouddha a souligné que la seule chose que vous pouvez savoir est votre propre expérience. Allez voir par vous-même. Ne pas prétendre avoir une grande théorie de quoi que ce soit. Donc, cela m’empêche de penser, « Oh, je dois développer une nouvelle théorie du Temps. » Tout ce que je peux faire est d’avoir le courage et l’estomac de regarder ce qui menace la vie, et d’honorer la férocité de mon désir que la vie continue.
Je n’aime pas penser que la crise actuelle dans notre monde nous aurait été donné si nous n’étions pas capables d’imaginer aller au-delà de cette crise. La plupart du temps, je pense que nous sommes fichus. Mais quand je m’ouvre à un cadre de temps plus large, alors ce que la petite Joanna pense depuis son point de vue étroit devient relativement sans importance. Je peux voir l’histoire de la petite Joanna comme une partie d’un drame beaucoup plus vaste avec des hauts et des bas. Et, en ce moment, je peux juste être en train de regarder une partie du bas.

Prière pour les êtres futurs
Vous vivez à l’intérieur de nous, êtres de l’avenir.

Dans les rubans en spirale de nos cellules, vous êtes ici.
Dans notre rage pour les forêts qui brûlent, les champs empoisonnés,
les otaries noyés de pétrole,
vous êtes là.
Vous battez dans nos cœurs tout au long de meetings interminables.
Vous nous accompagnez jusque dans les décharges toxiques
et dans les salles des législateurs.
C’est vous qui conduisez nos luttes obstinées pour sauver ce qui reste.
O vous, qui marcherez sur cette terre quand nous serons partis,
gardez-nous éveillés.
Voyez à travers nos yeux la beauté de ce monde.
Laissez-nous sentir votre souffle dans nos poumons, votre cri dans notre gorge.
Laissez-nous vous voir dans les pauvres, les sans-abris, les malades.
Hantez-nous de votre faim, talonnez-nous de vos revendications,
que nous puissions honorer la vie qui nous lie.
Vous n’avez encore aucun visage que nous pouvons voir, pas de nom que nous pouvons dire.
Mais nous avons seulement besoin de vous tenir dans notre esprit,
et vous nous enseignez la patience.
Vous nous enseignez à mesurer le temps à une échelle où la guérison peut se produire,
où le sol et les âmes peuvent être réparés.
Vous révélez en nous un courage que nous ne soupçonnions pas,
un amour qui ne nous appartient pas.
O vous qui venez après nous, aidez-nous à nous rappeler :
nous sommes vos ancêtres.
– Joanna Macy

Source Inquiring Mind 2012  – Traduction Bouddhisme au féminin