Pema Chodron

Pema Chodron

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Pema nait en 1936 à New York, elle est encore très jeune quand sa famille se déplace dans le New Jersey pour habiter une ferme dans laquelle elle passe une enfance et une adolescence heureuse. Elle est entourée d’un frère et d’une sœur plus âgés. La naissance de sa vie spirituelle remonte aux années où elle est pensionnaire dans un excellent lycée pour jeunes filles, qui éveille sa curiosité intellectuelle: « Je m’en souviens comme d’une époque où je commençais à aller au plus profond des choses, à vouloir comprendre et aller plus loin ».

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Elle se marie, divorce, se marie une seconde fois, a deux enfants, connait de grandes difficultés émotionnelles à l’occasion de son second divorce, ce qui va la pousser à explorer différentes thérapies qui ne répondent pas à son attente. Lors d’un voyage en France, elle recontre un lama tibétain, Chime Rimpoche, éprouve alors une forte expérience de « reconnaissance » et lui demande si elle peut venir à Londres étudier avec lui. Pendant plusieurs années, elle fait des allers et retours entre les Etats-Unis et l’Angleterre, ses enfants étant pris en charge de façon alternée par elle-même et son ex-mari.

Lorsque ses enfants devenus adolescents demeurent désormais chez leur père, elle prend la robe de nonne, gagne sa vie en enseignant dans une école privée et poursuit son travail avec Lama Chime. C’est ce dernier qui la mettra en contact avec Chogyam Trungpa avec qui elle ressentira la plus profonde connection. Lorsque le 16ème Karmapa se rend aux Etats Unis en 1977, il lui conseille de prendre l’ordination complète par la filiation chinoise, puisque l’ordination complète était — et est toujours — non accessible par la filiation tibétaine. Ce qu’elle parviendra à faire à Hong Kong en 1981 après plusieurs années de démarches. Après une brève rencontre avec Chogyam Trungpa en 1972, c’est après son ordination complète qu’elle devient officiellement sa disciple. Elle pratique intensément sous sa direction la méditation samatha, vipassana, le Tonglen, et d’autres pratiques spécifiquement tibétaines. Elle applique la pleine conscience dans la vie quotidienne et développe d’autres pratiques propres à la formation Shambala.

En 1986, Chögyam Trungpa lui confie la direction de l’abbaye de Gampo, monastère bouddhiste situé en Nouvelle-Écosse, au Canada. Ce monastère est le premier monastère tibétain d’Amérique du Nord destiné aux Occidentaux. Il offre la possibilité de prendre temporairement ou pas la robe de nonne ou de moine, et propose des retraites pour les laïques, dans le cadre d’une discipline monastique. (Lire : La vie à Gampo Abbey par Bikshuni Tsultrim Palmo)

Aujourd’hui, Pema Chodron est l’enseignante de la lignée Shambhala la plus connue, car elle sait traduire de façon intelligible aux pratiquant(e)s occidentaux les concepts et les enseignements de la tradition tibétaine.

Livres disponibles en français :

  • Conseils d’une amie pour des temps difficiles,
  • Entrer en amitié avec soi-même
  • La Voie commence là où vous êtes
  • Vivez sans entrave : En vous Libérant de vos vieilles habitudes et de vos peurs
  • Quand tout s’effondre
  • Il n’y a plus de temps à perdre : La Voie du Bodhisattva adaptée à notre époque
  • Les bastions de la peur : Pratique du courage dans les heures difficiles
  • Pour faire la paix en temps de guerre : Un point de vue bouddhiste
  • Bien-être et incertitude : Cent huit enseignements
  • Sur le chemin de la transformation : Le Tonglen

« Nous avons toujours le choix, nous pouvons laisser les circonstances de notre vie nous endurcir, nous rendre de plus en plus amer, nous maintenir sur la défensive, ou leur permettre au contraire de nous adoucir et de libérer notre capacité à aimer. » Pema Chödrön

Pourquoi je suis devenue bouddhiste : (en anglais)

La vie à Gampo Abbey (video en anglais)

On ne peut parler de Pema Chodron sans dire un mot de son maitre charismatique et controversé Chogyam Trungpa Rimpoche. Il a fondé plus d’une centaine de centres de méditation à travers le monde dont la première université d’inspiration bouddhiste en Amérique du Nord : l’Université Naropa. Il est l’auteur de plus de 20 livres sur le bouddhisme. Il orienta son attention de plus en plus vers la propagation d’enseignements qui s’étendaient au-delà du canon bouddhiste. Ces activités ne comprenaient pas seulement l’Apprentissage Shambala, qui a attiré des milliers d’élèves, mais aussi le tir à l’arc japonais, la calligraphie, l’arrangement floral (Ikebana), la cérémonie du thé, la santé, la danse, le théâtre et la psychothérapie, entre autres.

Chogyma Trungpa Rimpoche n’a pas en France la même notoriété qu’aux Etats-Unis, aussi le témoignage de sa femme, Diana Mukpo, épousée quand elle avait 16 ans et lui 32 ans et paru sous le titre « Ma vie avec Chogyam Trungpa », n’a pas eu le même impact. Néanmoins, il est de notoriété publique qu’il avait une addiction à l’alcool et aux femmes. Il reconnaissait lui-même qu’il avait un problème avec l’alcool, quant aux femmes, il faisait ouvertement des propositions à toute femme passant à sa portée comme en témoigne Jetsunma Tenzin Palmo quand elle l’a connu en Angleterre, alors qu’il était encore très jeune. C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle il a quitté la robe avant d’épouser Diana J. Mukpo (Diana Pybus) de qui il eut quatre enfants, mais cela ne l’empécha pas d’avoir de nombreuses liaisons avec ses élèves (Voir les témoignages à ce sujet dans « Turning the Wheel » par Sandy Boucher). Des disciples fervents veulent voir dans sa conduite « une folle sagesse ». Son proche entourage ainsi que sa femme témoignent que Chogyam Trungpa n’a jamais caché ses comportements excessifs, disant qu’il lui fallait travailler sur ces problèmes, que c’était son « karma » – en particulier l’alcoolisme, imité par ses disciples, et qui a fait de tels ravages dans ses centres qu’il fallut l’aide des AA (Alccoliques Anonymes) pour désintoxiquer de nombreux élèves, hommes et femmes, lui-même n’y étant jamais parvenu. Sa conduite a embarrassé plus d’un maitre tibétain. Il avait très certainement un grand charisme, mais son comportement controversé pose la question des degrés d’illumination, de ce que l’on projette sur un enseignant et sur l’idée que l’on se fait d’un maitre illuminé. On peut même se demander si cette faiblesse pour l’alcool et pour le sexe n’avait pas pour origine des pratiques tantriques non maitrisées dans des vies passées.