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L’image des femmes dans les médias

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Source : L’observatoire gouvernemental de la parité

Présence des femmes dans les organisations des médias : Les femmes représentent aujourd’hui plus de 43% des journalistes, contre 37,5% en 1996.

Taux de présence et d’expression des femmes dans les contenus médiatiques :
• Radio : Le temps de parole des experts hommes est de 25 minutes contre 1 minute 35 pour les expertes femmes.

   • Presse : Les hommes font 3 fois plus souvent l’objet de photos que les femmes (articles et publicités confondus : 53% pour les hommes, 17% pour les femmes). La majorité des hommes représentés sont des politiciens ou des personnalités du monde des arts et des médias.

   • Télévision : 63% des prises de parole sont le fait des hommes contre 37% pour les femmes.

Taux d’identification des femmes dans les contenus médiatiques :
    • Les femmes sont 5 fois plus que les hommes citées sans leur nom ou uniquement désignées par leur prénom, y compris lorsqu’il s’agit de femmes politiques.
Par exemple : A la télévision, 20 hommes et 8 femmes sont identifiés par leur nom de famille ou leur nom complet.

Dans le Nouvel Observateur, 27 % des hommes ont été cités pour 4 % des femmes et 55 % des hommes ont été mentionnés pour 14% des femmes.

  • 15 femmes pour 39 hommes apparaissent dans l’exercice de leur profession, à la télévision.

   • Les femmes sont moins sollicitées en tant qu’expertes que les hommes. D’après l’étude réalisée par Media Watch (2009), à l’échelon international, leur présence chute de 44% à 20% lorsqu’elles sont invitées à s’exprimer en tant que porte-parole ou experte. (Source : Projet mondial de monitorage des médias : L’étude de 2009 repose sur un échantillon de radios et télévisions dans 108 pays et sur l’Internet dans 16 pays, réalisée tous les cinq ans depuis 1995.)

    • Les femmes sont représentées 3 fois plus souvent que les hommes dans leurs relations familiales.

   • Elles interviennent le plus souvent en tant que témoins ou victimes.

Une démarche d’autorégulation des responsables des médias : le 13 octobre 2010 : Signature d’un acte d’engagement tripartite rassemblant la Commission sur l’image des femmes dans les médias, les responsables des médias et Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité.

Cet acte constitue une démarche inédite d’autorégulation dans les médias visant à lutter contre la sous-représentation des femmes en tant qu’expertes et contre les stéréotypes qui enferment les femmes dans des rôles mineurs et très sexualisés.

Les médias s’engagent à favoriser l’intervention de femmes expertes dans leurs émissions ou articles. Ils devront participer à la constitution d’un réseau d’expertes dans lequel iront piocher les journalistes à la recherche d’une spécialiste.

• La commission sur l’image des femmes dans les médias publiera chaque année un bilan des avancées observées. Elle devient officiellement une instance de veille chargée d’examiner les efforts et les progrès réalisés par les médias en termes de représentation des femmes.

Autre étude effectuée par l’Association des femmes journalistes AFJ :

Sexisme ordinaire dans les médias : Mère de famille, épouse, séductrice, victime… Dans le contenu des journaux, l’horizon des femmes se limite quasiment à ces quelques rôles. Quand elles apparaissent. Car les femmes représentent moins de 20% des personnes citées. C’est ce que démontre notre troisième étude sur la place et l’image des femmes dans les médias.

Prenez un journal ou un magazine d’informations générales et cherchez la femme. Pour une Benazir Bhutto, aujourd’hui assassinée, pour une Laurence Parisot patronnes des patrons, quelle place occupe le genre féminin dans nos organes d’information ?
Absente, victime ou femme de…

C’est pour mettre des chiffres sur une impression que l’AFJ réalise depuis 1995, avec 70 autres pays, des enquêtes sur la place et l’image des femmes dans les médias. D’enquête en enquête, les chiffres se suivent et se ressemblent. En 1995, les femmes représentaient 17 % des personnes citées dans les médias. En 2000 ce chiffre montait à 18 %.

Et l’édition 2006 n’est pas mieux,
– Sur l’ensemble des personnes citées dans la presse d’information générale, 17,17% sont des femmes.
– 1 femme sur 6 est anonyme pour 1 homme sur 33.
– 1 femme sur 14 est présentée comme une victime pour 1 homme sur 21.
– 1 femme sur 5 est présentée avec un lien familial pour 1 homme sur 16.
– 1 femme sur 5 est citée sans sa profession pour 1 homme sur 20.
– Moins d’1 femme sur 2 est citée directement, pour plus d’1 homme sur 3.
Hors publicités, moins d’un tiers des photos (29%) représentent des femmes.

Des rôles mineurs :

Les hommes politiques (ministres, députés) constituent l’écrasante majorité des gens dont on parle. Les femmes mentionnées dans la presse viennent aussi du pouvoir.
Quelques exemples : dans l’enquête 2006, la « une » récurrente est l’affaire Clearstream, à part l’Humanité qui titre sur « Esclavage, une mémoire si longtemps enchaînée ». L’affaire Clearstream présente exclusivement des protagonistes masculins, à l’exception de Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, et de Martine Aubry, maire de Lille.
On pourrait avancer que ceci est conforme à la réalité ; mais les journalistes ont été par ailleurs libres d’interviewer des députés, des juristes ou des experts des deux sexes.

Au fil du Figaro :
Dans Le Figaro, 15 hommes sont mentionnés avant que l’on ne rencontre une femme, la juge Brinkema (affaire Moussaoui) en bas de la page 2. La première femme citée est ainsi décrite, page 3 : « le nouveau chef du Foreign Office, Margaret Beckett ». Le Figaro n’emploie pas le féminin (mais conserve la terminologie anglaise pour le nom du Ministère des affaires étrangères). Viennent ensuite Angela Merkl en pages 4 et 5, les députées Nadine Morano et Michèle Tabarot, et Michèle Alliot-Marie, en page 6, Ségolène Royal page 8, la députée Gabrielle Louis-Carabin, Corinne Lepage et Martine Aubry page 10, Christiane Taubira page 12. Ensuite, les anonymes : « les mères de famille », « sa mère ». Il faut attendre la page 13 pour l’unique mention de femme qui ne soit ni femme politique, ni anonyme : l’avocate Sophie Bottai.

Le même décryptage a été réalisé pour l’état de victime et d’anonyme. Et pour les photos, élément ô combien important, le visuel devenant prédominant dans certains médias. Résultat : sur 45 photos, 13 sont consacrées aux femmes pour 32 aux hommes.

Parions maintenant que vous ne lirez plus votre journal de la même façon

Retour en arrière : rien ne change

Enquête 2000 :
– La presse mentionne 18% de femmes.
– 1 femme sur 10 est présentée comme une victime pour 1 homme sur 20.
– 1 femme sur 6 est présentée avec un lien de parenté pour 1 homme sur 26.
– 1 femme sur 3 est citée sans sa profession pour 1 homme sur 20.

Enquête 1995
– La presse mentionne 17,25% de femmes.
– 1 femme sur 6 est présentée comme une victime pour 1 homme sur 14.
– 1 femme sur 3 est citée sans sa profession pour 1 homme sur 10.
– 1 femme sur 3 est anonyme pour 1 homme sur 7.

Méthodologie de cette enquête :
La méthodologie adoptée est celle qui a été mise au point pour la nouvelle enquête internationale à laquelle ont participé 76 pays. Elle émane comme auparavant du Projet de Monitoring des Médias de la World Association for Christian Communication, la WACC. Cette méthodologie nous propose d’examiner 7 quotidiens . Nous avons donc choisi :
– 5 quotidiens nationaux : Le Figaro, L’Humanité, Le Monde, Libération, Le Parisien
– 2 quotidiens régionaux : Dernières nouvelles d’Alsace, Ouest France. Le jour choisi est le 10 mai 2006. Parmi ces journaux, nous avons codé les pages d’actualités politique nationale et internationale, ainsi que les pages société. Les rubriques économie, sports, arts et culture, et les éditoriaux, n’entrent pas dans le codage. Nous avons codé les hommes et les femmes mentionnés au moins une fois par reportage, article ou brève. Nous avons par ailleurs compté le nombre d’hommes et de femmes journalistes auteures des articles étudiés. Il s’agit de la catégorie « articles signés ».

Résultats :
192 articles de journaux ont été codés. 826 personnes y sont mentionnées au moins une fois. Sur 826 personnes, on trouve 142 femmes et 683 hommes (et un/e indéterminé/e, « Dominique »). La presse mentionne donc 17,17% de femmes .