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Khandro Rinpoche

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La Vénérable Khandro Rinpoche est la fille de Sa Sainteté Mindrolling Trichen, chef de l’école Nyingma du Bouddhisme tibétain, et l’un des lamas tibétains les plus renommés parmi ceux enseignant actuellement en Occident.

Elle est une exception, à savoir, un enseignant éminent du bouddhisme tibétain en étant une femme.

Née en 1967 dans la famille du prestigieux Mindröling Trichen, un chef religieux de haut rang dirigeant la plus ancienne lignée bouddhiste du Tibet, la lignée Nyingmapa, Khandro Tséring Paldrön a a été reconnue à l’âge de deux ans par Sa Sainteté le seizième Karmapa comme la réincarnation de la Grande Dakini de Tsurphu, une autre Tibétaine d’exception, Urgyen Tsomo. Cette dernière fut l’une des compagnes mystiques du 15e karmapa (1871-1922), dirigeant d’une prestigieuse lignée spirituelle du haut plateau, celle des Karma-Kagyüpas. Et Urgyen Tsomo était elle aussi perçue comme la manifestation de l’une des plus importantes figures féminines du Tibet, Yéshé Tsogyal, qui, au VIIIe siècle, avait été la compagne de Padmasambhava, l’un des principaux artisans de l’introduction de la religion indienne par-delà l’Himalaya.

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La famille de Khandro Rinpoche est réputée non seulement pour ses maîtres spirituels masculins, mais aussi pour avoir donné régulièrement naissance à des maîtres féminins. Le monastère d’hommes de Mindröling, siège spirituel de la lignée à laquelle son père appartient, est ainsi au fil du temps devenu indissociable de la nonnerie de Samten Tsé, bâtie non loin de là par la première des grandes figures féminines du lieu, Jétsun Mingyur Paldrön (1699-1774).
Rares sont les réincarnations féminines dans l’univers tibétain, mais rares aussi sont les femmes reconnues comme des maîtres spirituels. Quelques-unes étaient célèbres mais la plupart vivaient dans l’ombre d’un maître. Ces femmes ne pouvaient être que compétentes, au contraire des hommes auxquels on reconnaissait tacitement le droit d’avoir des faiblesses, sexisme ambiant oblige. Khandro Rinpoché est donc un personnage hors du commun à double titre.

La présente Khandro Rinpoché en est venue à détenir les lignées des écoles Nyingma et Kagyu.

Elle est reconnue comme une des manifestations humaines d’une « dakini », khandro en tibétain. Elle est celle qui « vogue dans l’espace » et si la tradition a parfois pris l’expression au pied de la lettre, elle renvoie en fait à une des dispositions naturelles de l’esprit, celle de l’espace intérieur, radieux, vaste et sans limites.

Elle pourrait presque être tenue pour militante de la cause féministe. Elle connaît bien la discrimination socioculturelle que l’on retrouve dans le bouddhisme. Son rang et sa famille pourraient laisser penser qu’elle a bénéficié de privilèges. En réalité, il lui a parfois fallu insister pour obtenir les enseignements qu’elle souhaitait recevoir.

Khandro Rinpoché a reçu des enseignements et des transmissions de certains des maitres les plus accomplis du XXe siècle, y compris S.S. le Dalaï-Lama, S.S. Mindrolling Trichen, S.S. Dilgo Khyentse Rinpoché, S.E. Trulzhig Rinpoché, S.E. Tenga Rinpoché, S.E. Tsetrul Rinpoché et S.E. Tulku Ugyen Rinpoché.

Rinpoché enseigne dans le monde entier depuis douze ans. Elle enseigne de manière extensive en Europe et en Amérique du Nord, délivrant des enseignements des écoles Kagyu et Nyingma. C’est également elle qui a établi et dirige le Centre de Retraite Samten Tse à Mussoori, en Inde, qui offre un lieu d’études et de retraite pour les pratiquantes, qu’elles soient monastiques ou laïques – là, étudiantes d’Orient et d’Occident vivent ensemble dans une communauté spirituelle. 50 nonnes et 25 étudiantes occidentales sont actuellement résidentes à Samten Tse.

Rinpoché dirige également divers projets caritatifs ainsi que des projets d’éducation et de bourses bouddhistes, offrant aux pratiquants occidentaux – monastiques et laïques – la chance de travailler côte à côté dans une multitude de situations stimulantes. Il s’agit par exemple de projets pour les soins et l’éducation à la santé dans des régions reculées, tel que le projet de léproserie, et le Dharmashri Journal, un journal regroupant des écrits de maitres tibétains. Rinpoché est également impliquée de façon active dans le monastère Mindrolling en Inde.

En 2003, le premier livre de Khandro Rinpoché, intitulé This Precious Life: Tibetan Buddhist Teachings on the Path to Enlightenment (« Cette précieuse vie : Enseignements du Bouddhisme Tibétain sur le Chemin vers l’Eveil »), a été publié par Shambhala Publications (en anglais).

Le fait que Khandro Rimpoche soit l’héritière de deux lignées est déjà extraordinaire en soi. Que le maitre dont elle est le tulku reconnu ait été une femme démontre qu’il y a des femmes réalisées dans le bouddhisme tibétain, ce dont on pourrait douter vu l’absence de références les concernant.

Que son père l’ait jugée digne de transmettre son enseignement est d’autant plus intéressant dans le contexte culturel tibétain où, comme en Chine et en Inde, les femmes se voient répéter que la meilleure chose qui puisse leur arriver est de renaitre en homme pour qu’enfin elles puissent « vraiment » pratiquer sérieusement…
L’existence même de Khandro Rimpoche dément ce genre de préjugés qui, nous ne le répéterons jamais assez, se révèle être un obstacle de taille pour les pratiquantes qui ne peuvent, dans ces conditions, que douter d’elles-mêmes.

La révolution tranquille des moniales a commencé : une interview de Khandro Rimpoche

– La colère par Khandro Rinpoche

une interview de Khandro Rimpoche en novembre 2008 à Sagesses Bouddhistes :