Karma Tsultrim Khechog Palmo

Karma Tsultrim Khechog Palmo

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Michèle nous envoie des Etats Unis un superbe hommage à Sister Palmo, nous le faisons précéder d’une rapide survol de sa vie et du témoignage de Tenzin Palmo.:

La vénérable Gelongma Khechog Palmo, fille de Francis Edwin Houlston et Nellie Diana Swan, naquit à Derby en Angleterre le 5 février 1911 et but prénommée Freda Marie. Elle suivit des études supérieures à l’université d’Oxford. C’est là qu’elle rencontra son mari, un aristocrate indien de la famille Bedi, descendant de la dynastie Sikh de Gourous remontant au fondateur de la religion Sikh : le Guru Baba Nanak.

palmo

Sa vie en Inde, où elle s’installa en 1934, fut très active et variée. A part l’éducation d’une fille et de deux fils (dont l’un est devenu star de cinéma), elle enseigna l’anglais à Shrinagar au Cachemire ; elle lutta pour l’indépendance de l’Inde et fit de la prison.

Elle travailla après 1947 pour le ministère indien des oeuvres sociales, elle participa à l’équipe administrative de la commission de la planification des services sociaux des Nations Unis en Birmanie, et fut conseillère du ministère indien des affaires extérieures pour les réfugiés Tibétains.

 

Après son contact avec le bouddhisme en Birmanie, elle devint en 1953 l’élève du Vénérable Dayadaw U Thittila Aggamahapandita,

A la même époque, elle prit les voeux de brahmacarya et en 1958 les 8 préceptes pour le voeu de Upasika. Après avoir pris le voeu de Boddhisattva auprès de sa Sainteté le Gyalwa Karmapa, chef de l’ordre des Kagyudpa dans le bouddhisme tibétain, elle quitta son foyer en 1963 et devint nonne bouddhiste dans cette tradition tibétaine le 1er aout 1966.

Voyant l’état déplorable des nonnes et leur manque d’accès à des conditions favorables pour leur développement spirituel, elle se consacra à l’érection d’un monastère destinée aux nonnes de sa tradition à Tilokpur.

En 1972, à Hong Kong, elle devint la première nonne Buddhiste Tibétaine recevant l’ordination complète de Bikkuni, d’où son titre de Gelongma.

Depuis lors, elle se rendit plusieurs fois en Europe, aux Etats Unis et au Canada, visitant les centres tibétains de la tradition Kargyudpa fondés par le Venérable Chogyam Trungpa et Akong Tulku, donnant des conférences et des instructions spirituelles ainsi que des initiations. En 1974-75, elle accompagna Sa Sainteté le Karmapa dans un large périple de cinq mois durant lequel de nombreux centres furent ouverts en conséquence de l’énorme intérêt que suscitait le bouddhisme. Elle quitta ce monde en 1977 à l’âge de 66 ans.

 

Sister Palmo accueillit de nombreuses Occidentales venues l’aider dans l’école qu’elle avait fondée pour les jeunes lamas et tulkus tibétains. C’est là que Tenzin Palmo se rendit en 1964 lorsqu’elle alla en Inde.

Dans sa biographie par Vickie Mac Kenzie, elle évoque sister Palmo, qui s’appelait encore Freda Bedi :

« Quand j’ai enfin atteint Dalhousie, il y avait des milliers de réfugiés tibétains. Tout autour de nous s’élevaient des montagnes enneigées, le ciel était d’un bleu éclatant. C’était magnifique. Nous avons trouvé Mme Bedi dans sa cuisine, debout devant un réchaud qui crachait des jets de fumée sans dégager la moindre chaleur. Elle était en train de faire cuire du porridge mélangé à du fromage tibétain, c’était écoeurant ! Freda Bedi était une femme d’environ cinquante-cinq ans, grande et bien en chair. Elle avait les yeux bleus, le nez aquilin et des cheveux gris tirés en arrière et noués en un chignon. Je me rappelle qu’elle portait un sari bordeaux en laine épaisse… C’était vraiment un personnage: un étrange mélange de noblesse terrienne anglaise et indienne. Elle ne s’était jamais vraiment coupée de ses racines. Tout le monde l’appelait « maman ». Je l’aimais beaucoup. Elle savait lancer des idées et attirer des fonds. À cette époque, les Tibétains n’étaient pas encore organisés, ils ne parlaient pas anglais, ne connaissaient pas les agences d’aide internationale ni les moyens d’y faire appel. Freda Bedi était extrêmement organisée et savait parfaitement défendre son action et leur situation… Le monastère de femmes qu’elle a créé est toujours en activité et les nombreux Tibétains qui sont venus en Occident, comme Trungpa, ont appris leurs rudiments d’anglais dans son école. Elle a énormément contribué à leur soutien. »

 

L’une des disciples de Sister Palmo, Sheila Fugard lui consacra un très touchant hommage